Pays de la Loire

Evacuation ZAD : l'enlisement pour l'Acsan ?

16 avril 2018 à 08h10 Par Fabien GONZALES / Dolorès CHARLES
Crédit photo : Gendarmerie Nationale (photos issues d'une vidéo)

Après l'évacuation, les manifestations et les affrontements... serait-ce le moment de l'enlisement ? Pour le président Emmanuel Macron, la colère des opposants n'est pas légitime. Le CEDPA appelle les zadistes à déclarer leur projet agricole en Préfecture, et l'ACIPA au dialogue.

Week-end encore agité à Notre-Dame-des-Landes. Des incidents et des dégradations ont eu lieu samedi à Nantes avec la manifestation post-évacuation, et hier encore sur la ZAD. Samedi, la manifestation a conduit à de nombreuses dégradations en ville, notamment sur les voies de tramway au niveau du Château des Ducs, à Bouffay et Commerce. Johanna Rolland condamne « la violence des individus et groupuscules dont c’est l’unique objectif… » La Police a compté 6.400 personnes, 10 000 selon les opposants à l’opération d’évacuation de la ZAD. Hier rebelote, les opposants ont mené une opération de reconstruction symbolique sur la ZAD, à Notre Dame des Landes. Ils étaient 4 000 selon les uns, et de 15 à 20 000 selon les autres. Une journée là encore émaillée de violences avec les forces de l’ordre. Selon la Préfète, il n’y a eu aucune réoccupation illicite de parcelles ayant fait l’objet d’expulsion la semaine passée.

Des blessés et des interpellés

Trois gendarmes ont été blessés par des éclats métalliques provenant de l’explosion d’une bombe artisanale. Au total, 66 gendarmes ont été blessés depuis le début de l’opération. Hier encore 8 personnes ont été interpellées, 24 au total en une semaine. Le dispositif de gendarmerie à Notre-Dame-des-Landes sera maintenu cette semaine pour sécuriser le déblaiement, prévenir toute réoccupation et garder la maîtrise des routes pour leur réouverture la plus rapidement possible.

Pour l'ACSAN c'est l'enlisement

Les zadistes ont tenté de réinstaller des barricades et une charpente, mais les gendarmes les ont enlevées (les barricades). L’ACIPA en appelle au dialogue, et le Cèdpa, le Collectif des élus opposés au projet d’aéroport, invite les zadistes à régulariser leur situation, via le formulaire proposé par la Préfecture d'ici le 23 avril. Pour les pro-aéroports à l’image de l’ACSAN, l’association contre le survol de l’agglomération nantaise, cette situation s’enlise.

Le président Dominique Boschet répond à Fabien Gonzalez.

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Pour lui, les motivations des zadistes vont bien au-delà du simple aéroport.

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Hier soir interrogé sur BFM TV, le président Emmanuel Macron a aussi réagi. Pour le Chef de l'Etat, "la colère des opposants n'est pas légitime, vu que le projet d'aéroport est abandonné."

Le communiqué complet de l'ACIPA

"L’ACIPA constate ce dimanche 15 avril 2018 une situation de blocage complet sur la zone et craint que les douloureux évènements de Sivens ne se reproduisent.

Nous condamnons très fermement l’escalade de la violence observée toute cette semaine.

La zone doit retrouver le calme nécessaire à la réflexion pour la construction d’un avenir serein et la population doit pouvoir circuler librement sur les routes qui traversent cette zone. Par ailleurs, l’ACIPA soutient l’installation de projets agricoles ou autres sur la zone. De nombreux et beaux projets existent. Les personnes qui les portent individuellement ou collectivement doivent pouvoir les faire accepter et s’inscrire dans un processus de régularisation a minima. Le délai proposé par le gouvernement est trop court, dans le climat actuel.

L’ACIPA demande qu’un dialogue entre la préfecture et la délégation intercomposantes s’instaure au plus vite pour que cesse la violence."