Bretagne

Le BAC en breton : mention passable

09 juillet 2018 à 07h05 Par Fabien GONZALES
Crédit photo : Yann Launay

Ils avaient bravé les consignes du rectorat et passé toutes leurs épreuves du bac en utilisant la langue bretonne : 15 lycéens Diwan réclament maintenant leur copie de mathématiques.

Ils ont presque tous décroché le bac, sauf 3 d'entre eux (l'un est recalé, les autres au rattrapage) mais ils estiment être tous victimes d'une injustice, puisque seules les parties de leur copie qui étaient en langage mathématique, ont été corrigées. Les réponses rédigées en breton n'ont pas été prises en compte. Divi, par exemple, a décroché son bac S mais loupe la mention bien de peu.

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"Il me manque 10 points au total, soit 2 points en maths, donc je pense que si j'avais été corrigé de façon normale, j'aurai pu avoir ces 2 points et décrocher la mention bien. Avec le nouveau système pour accéder aux écoles supérieures, le dossier est très important, beaucoup d'écoles jugent sur les mentions."

Une prise de risque assumée

Les 15 candidats savaient à quoi ils s'exposaient : ils disent avoir pris le risque en pleine conscience, et en pleine indépendance, comme l'explique Keltia, qui a décroché son bac L.

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"Ce n'est pas mes parents qui m'on appris le breton, on parle français à la maison. J'ai appris à l'école Diwan, et en grandissant, on a un regard plus lucide sur la langue bretonne : une langue en danger, et nous interdire de passer les examens en breton, c'est injuste, parce que c'est notre vie et c'est le patrimoine de la France et de la Bretagne."

Le soutien des élus

Des élus apportent leur soutien aux jeunes Diwan : parmi eux Paul Molac, député du Morbihan, qui n'hésite pas à parler de discrimination :

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"Quand on peut passer les mathématiques en basque, quand on peut passer les mathématiques en allemand, mais qu'on ne peut pas les passer en breton, si ce n'est pas de la discrimination, je ne sais pas ce que c'est. Il y avait des correcteurs, on pouvait en trouver, mais je pense qu'il y a une volonté de l'Etat en ce moment de refuser toute avancée sur les langues régionales."

Les jeunes sont en contact avec un avocat, pour étudier les recours possibles.

Reportage de Yann Launay.