Macron en Bretagne : l'éolien, l'agroalimentaire et le Mondial !

Yann Launay
21 juin 2018
Par Katell LAGRE / Alexandra BRUNOIS
Emmanuel Macron poursuit son tro breizh... Après l'éolien dans les Côtes d'Armor et l'agroalimentaire à Plouvien dans le Finistère hier, le Président de la République reste dans le Finistère aujourd'hui. Place à la pêche au Guilvinec, aux festivals bretons à Quimper ou encore au sauvetage en mer à Camaret.

Hit West suit la visite d’Emmanuel Macron en Bretagne…

Après les Côtes d’Armor et l’usine de la Sill à Plouvien, Emmanuel Macron poursuit son Tro Breizh aux aurores ce matin… Le Président de la République qui a dormi à la préfecture de Quimper va à la rencontre des pêcheurs au port du Guilvinec dès 6h30. Petit déjeuner républicain ensuite à 9h avec les élus finistériens, suivis d’un discours devant un parterre de 700 invités place Saint-Corentin dès 11h. A 14h, le chef de l’Etat déjeunera avec les acteurs des festivals bretons. Fin de visite présidentielle en milieu d’après-midi (16h) sur le thème du sauvetage en mer avec la SNSM à Camaret-sur-Mer.

Une visite quimpéroise chahutée tout comme celle d'hier en Côtes d'Armor

Une visite présidentielle qui pourrait être perturbée ce jeudi à Quimper… La présence du Président de la République mobilise les opposants à sa politique. De nombreux partis, syndicats et associations vont se joindre au rassemblement lancé par la CGT à 8h demain devant la gare de Quimper.

A 10h, ce sont les apiculteurs qui comptent interpeller le Président… avec une cérémonie funéraire sur les quais au niveau de la stèle de la résistance près du Pont Max Jacob à Quimper. Ces derniers veulent que le chef de l’Etat reconnaisse l’ampleur de la catastrophe écologique qui est en train de se jouer pour eux. En Bretagne, 20 mille ruches sur 60 mille ont été décimées cet hiver du fait des pesticides. Hier, Nicolas Hulot en déplacement avec Emmanuel Macron a fait savoir que la protection de l’environnement pourrait être inscrite dans l’article 1 de la Constitution. Une bonne chose pour les apiculteurs bretons mais rien de concret et efficace selon eux.

Les personnels d’Enedis eux ont voté des actions ciblées et pourraient couper le courant dans la ville préfecture du Finistère au moment du discours du Président de la République. C’est une journée « entreprises mortes » aujourd’hui chez Enedis et EDF. Les salariés protestent contre leurs conditions de travail et réclament de meilleurs salaires.

Hier déjà, une centaine de personnes ont manifesté sur le port du Légué à Plérin… face au restaurant où le chef de l’Etat devait déjeuner côté Saint-Brieuc. Parmi les personnes rassemblées : des syndicats comme Solidaires, FO et CGT mais aussi des membres d’ATTAC et de la France Insoumise, des salariés d’Enedis et des opposants aux projets miniers Vigil’Oust. Ces manifestants ont plié bagage avant que le Président de la République arrive… la visite avait en effet pris du retard.

A noter que dans le cadre de la venue d’Emmanuel Macron, la circulation et le stationnement sont interdits depuis hier et jusqu’à 16h aujourd’hui à Quimper… aux abords de la Préfecture et des Places Saint-Corentin et de la Résistance.

Retour sur la visite et les annonces du chef de l'Etat hier

Principale annonce du chef de l’Etat hier matin au Cap Fréhel : l’Etat a trouvé un accord avec les industriels qui portent les six premiers projets de parc éolien offshore. Le soutien public baisse de 40 à 25 milliards d'euros et le prix de rachat de l'électricité diminue de 30 %. Le gouvernement avait annoncé son intention de renégocier le prix de rachat de l'électricité produite par les éolienne, fixé en 2012. Ce qui avait suscité la crainte des industriels. Cela concerne les parcs éoliens de Saint-Brieuc, Saint-Nazaire et Yeu/Noirmoutier.

Pour le maire PS de Saint-Nazaire, David Samzun, "c’est un soulagement pour la filière des énergies marines renouvelables. Le futur parc nazairien, doit être doté d’une puissance de 480 mégawatts. Il sera livré à l’horizon 2021."

Dans la baie de Saint Brieuc, le consortium Ailes Marines veut installer 62 machines de 216 m de haut. Au grand dam d'une partie des pêcheurs briochins comme Julien Tréhorel, membre de l'association de défense de la pêche artisanale. L'annonce du Président de la République signe pour lui la destruction de la biodiversité et la mort des pêcheurs :

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"Cette énergie pour nous n'a rien de renouvelable : on détruit pour la produire. Pourquoi implanter un parc d'éoliennes et nous supprimer 100 km² de zone de travail, alors que déjà il n'y a plus de place ? C'est menacer notre rentabilité et nous faire arrêter à très court terme notre métier de pêcheurs-artisans."

Nicolas Hulot accompagnait Emmanuel Macron au Cap Fréhel, et les deux hommes ont pu afficher leur unité sur le dossier du glyphosate : ils en ont eu l'occasion quand un agriculteur costarmoricain les a interpellés sur le sujet : un agriculteur qui n'est pas installé en bio, et dont l'intervention était assez inattendue :

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Après un déjeuner à Saint Brieuc, le Président de la République s'est rendu à Plouvien, dans le Finistère, pour visiter une usine du groupe agro-alimentaire Sill. L'entreprise familiale bretonne est connue pour ses yaourts Malo, son beurre Le Gall ou son lait Matines. Pourquoi avoir choisi cette entreprise ? La réponse d'Emmanuel Macron au président du groupe Sill...

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"Parce que vous avez fait le choix de conquérir des marchés à l'international, de faire vivre des producteurs avec vous, d'embaucher, en ne perdant pas l'esprit artisanal. Je considère que l'on arrivera dans le secteur alimentaire si on conserve cet esprit artisanal, parce que c'est l'esprit de la qualité, la qualité de l'alimentation que veulent nos concitoyens, qui veulent savoir d'où viennent les produits, comment ils sont faits..."

Emmanuel Macron "optimiste" pour les Bleus au Mondial ..

Malgré un programme très chargé, et un retard lié à la météo, le Président de la République s’est également livré aux traditionnels bain de foule. Il a répondu aux diverses questions qui lui étaient posées. Y compris sur la Coupe du Monde, quand un fan de foot l'a interpellé. Emmanuel Macron s'est alors montré très confiant pour l'équipe de France.

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En conférence de presse hier après-midi, le sélectionneur de l'Equipe de France Didier Deschamps, a répondu au pronostic d'Emmanuel Macron :  « J’ai la décence, ou l’humilité, de ne pas répondre au président de la République, c’est quand même le président de la République. Je sais qu’il est derrière nous, derrière l’équipe de France. Avant de se voir je ne sais pas où, on est là et on a le Pérou, et on sait ce qu’on doit faire pour que ça se passe bien pour nous et obtenir le même résultat que lors du premier match »

Reportage de Yann Launay