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NDDL : les élus veulent du concret après les annonces d'Edouard Philippe

06 juillet 2018 à 09h05 Par Katell LAGRE / Dolorès CHARLES
Crédit photo : Edouard Philippe @Matignon

Edouard Philippe était à Nantes pour évoquer l’après Notre-Dame-des-Landes jeudi. Retour sur les principales annonces et la réaction des élus locaux.

Alors que les résultats du BAC sont publiés ce matin, les élus locaux n’ont pas donné de bonne note à Edouard Philippe, en déplacement à Nantes hier. Dans le dossier Notre Dame des Landes : le Premier ministre a annoncé la création d’un fonds de compensation pour les riverains de l’aéroport de Nantes Atlantique, pour leur permettre de financer les travaux d'insonorisation de leur logement à hauteur de 90%. Ce fonds de compensation sera créé d'ici la fin de l'année. Il "sera abondé par l'Etat, le concessionnaire et le cas échéant par les collectivités" dès 2019.

Les habitants riverains de l'aéroport indemnisés

Les habitants seront aussi indemnisés s’ils souhaitent vendre leur maison, et il est prévu de transférer des équipements publics (type école ou collège) trop impactés par les nuisances sonores des avions. Sont notamment concernés : La Neustrie à Bouguenais et l’école de Saint-Aignan-de-Grandlieu. Mais en termes de réaménagement de l’aéroport, rien de bien concret. De petits travaux "sur quelques dizaines de millions d’euros" sont prévus en 2019. D'autres, plus importants, ne devraient intervenir qu'en 2021.

Autres annonces : Edouard Philippe a aussi promis le remboursement des 29 millions d’euros versés par les collectivités au titre du transfert de l’aéroport, et la rétrocession des terres de la ZAD au Département de Loire-Atlantique.

Les réactions des politiques

Les élus locaux prennent acte de ces annonces, mais veulent plus de concret. Pour la maire de Nantes Johanna Rolland « c’est une première étape. » La Présidente de Région Morançais se réjouit que le Premier ministre ait confirmé la signature du Contrat d’avenir, adopté lundi par le Parlement des Territoires.

Johanna Rolland, la Maire PS de Nantes (dont la voiture a brulé la nuit dernière).

« Suite à ses entretiens de ce jour avec les responsables des exécutifs locaux et les parlementaires, le Premier Ministre a annoncé quelques décisions. Je prends positivement acte de ses engagements relatifs à la création d’un fonds de compensation, au remboursement des sommes versées par les collectivités au titre du transfert de l’aéroport, à la rétrocession des terres au Département de Loire-Atlantique et aux perspectives de travaux en 2019 sur la plate-forme aéroportuaire de Nantes Atlantique. Ces éléments, qui demandent encore d’être précisés dans leurs modalités, ne peuvent toutefois constituer qu’une première étape. L’État doit désormais s’engager concrètement sur le contrat d’avenir pour signifier clairement qu’il est aux côtés des habitants et des collectivités dans la construction de leur avenir.

La Métropole nantaise attend désormais des actes et un calendrier, en particulier des engagements fermes et précis sur l’ambition et les modalités de réaménagement à court, moyen et long terme de Nantes Atlantique, sur les modalités et le niveau d’indemnisation par l’État des travaux d’insonorisation à hauteur de 100 % et la possibilité d’avancer les fonds pour les ménages les plus modestes, sur les conditions d’accessibilité européenne et internationale de son territoire et les projets à haut potentiel d’innovation que nous portons, notamment dans le domaine de la santé et de l’industrie du futur. »

La Présidente de Région, LR, Christelle Morançais

"Les services du Premier ministre avaient pris soin de préciser mercredi qu’Edouard Philippe ne viendrait pas les bras chargés de cadeau. Voilà au moins une promesse tenue !
J’attendais en effet du Premier ministre des premières décisions fortes, ambitieuses et à la hauteur du rebond pour ce déplacement si attendu. Nous n’avons pour l’instant eu que la confirmation de nouvelles déjà annoncées :
- Le remboursement des 29 M€ aux collectivités ;
- La rétrocession des terres au CD 44.

Ces demandes, nous les portions collectivement dans le cadre du contrat d’avenir, et je m’en félicite, mais elles ne sauraient être l’arbre qui cache la forêt et faire oublier nos deux grandes urgences :

- Le réaménagement de Nantes Atlantique en même temps que la protection des riverains tout d’abord. A l’heure actuelle, l’Etat ne nous précise toujours pas comment il entend imposer au concessionnaire de réaliser des travaux en 2019 et 2020 alors même qu’une nouvelle concession débutera en 2021. Six mois après l’abandon de NDDL, le gouvernement n’a toujours pas pris conscience de l’urgence qu’il y a à réaménager Nantes Atlantique, et ce malgré l’explosion du trafic et du nombre de passagers. C’est une priorité pour les habitants mais également pour toutes les forces vives économiques de notre région. Même flou sur le fonds de compensation pour protéger les riverains de l’aéroport dont le niveau, le mécanisme et le montant ne sont absolument pas arrêtés ;
- La mise en oeuvre de mesures concrètes et rapides concernant l’amélioration de l’accessibilité de notre territoire.
Sur ce second point, je me réjouis bien sûr que le Premier ministre m’ait confirmé la signature du contrat d’avenir avant la fin de l’année, autour des 4 axes que nous avons identifiés, et qu’il m’ait présenté une méthode et un calendrier de travail ponctué de points d’étape réguliers avec lui. Forte du travail collectif mené avec l’ensemble des territoires de la région et de l’unité affichée il y a trois jours lors du Parlement des territoires, je défendrai avec la plus grande fermeté chacun des points de ce contrat d’avenir au cours des prochains mois !
Je jugerai alors le gouvernement sur ses actes, non sur les promesses qu’il nous répète depuis des semaines. Des actes concrets, financés, datés et qui devront à la fois :
- Etre à la hauteur de l’impact que l’abandon de NDDL a eu pour notre territoire. Nous ne saurions nous contenter de quelques mesures de compensation qui ne seraient pas au niveau de l’abandon du projet d’aménagement et de rayonnement que devait être NDDL ;
- Répondre à notre volonté d’accompagner et d’amplifier les dynamiques d’excellence à l’oeuvre dans nos 5 départements.
A travers le contrat d’avenir, notre région tend une main à l’Etat pour qu’ensemble nous puissions rebondir collectivement. A l’Etat de nous prouver si oui ou non, il souhaite la saisir ou s’il tourne définitivement le dos à notre région. Car désormais, seuls les actes et les résultats comptent !"